Hijama & Médecine Chinoise

La thérapie des ventouses est utilisée depuis des milliers d'années.
Différentes cultures ont utilisé des ventouses, ainsi que la pression négative créée à l'intérieur, à leur manière, principalement pour éliminer ou «aspirer» les matières indésirables du corps, que ce soit pour aspirer des toxines, des douleurs ou des substances pathogènes. Aujourd'hui, les praticiens de la médecine chinoise et les thérapeutes du corps ont progressivement adopté les ventouses comme traitement complémentaire et alternatif pour traiter tout, de la constipation à la cellulite, ainsi que des douleurs au dos et aux épaules.

Histoire de la thérapie des ventouses

Les ventouses ont été utilisées depuis des temps immémoriaux, un peu partout dans le monde. Les premières ont vraisemblablement été confectionnées à partir de cornes animales évidées, à l’intérieur desquelles ont allumait du feu afin de pouvoir créer un vide d’air et provoquer ainsi une aspiration. Elles servaient, à l’époque, à aspirer le pus et le sang dans le traitement des furoncles. Une autre technique empirique consistait à en couper la pointe et, dans ce cas, le praticien aspirait avec sa bouche pour créer le vide d’air. Et seule la longueur de la corne lui servait de protection…

Un guérisseur africain, ou chamane, utilise la technique des ventouses à l’aide de cornes d’animaux pour aspirer du sang à la surface de l’organisme (source I.Z.CHIRALI)

Par la suite, elles ont été utilisées comme méthode d’appoint en chirurgie traditionnelle chinoise, et elles se sont avérées efficaces dans de nombreuses autres applications. Elles ont finalement été reconnues comme méthode thérapeutique spécifique. La corne a été remplacée par du bambou, puis de la céramique ou du verre. Un dicton chinois dit que : ’’Acupuncture et ventouses soignent plus de la moitié des maladies’’.

En Chine

C’est dans le Bo Shu (livre ancien écrit sur la soie), découvert dans une tombe ancienne de la dynastie Han, qu’on trouve les plus anciens écrits de l’emploi des ventouses. Des cas de traitement de la tuberculose ont été rapportés dans le Weitaimiyao en 755 ap. J.C. Après plusieurs centaines d’années d’accumulation d’expérience clinique, les applications du traitement par ventouses sont devenues de plus en plus vastes. Un grand nombre des écrits de l’époque seront détruits lors des nombreux autodafés qui ont ponctué l’histoire de ce pays.

En Egypte ancienne

Les Egyptiens anciens ont été les premiers à utiliser les ventouses de manière systématique. Le papyrus Ebers, que l’on pense le plus ancien texte de médecine, écrit 8 aux alentours de 1550 ans av. J.C. en Egypte, décrit des saignées par ventouses dans le but ‘’d’éliminer des substances étrangères de l’organisme’’.

On retrouve d’ailleurs à l’entrée d’une tombe égyptienne à Louxor la représentation des ventouses gravée dans la pierre.

Chez les égyptiens, qui introduisirent ensuite les saignées en Grèce, la pose de ventouses était le remède habituel contre pratiquement toutes les maladies, et ils ne doutaient pas de l’avoir héritée des plus anciennes nations orientales, dont ils avaient tiré tout leur savoir. On retrouve dans leurs écrits la description des metu (méridiens) qui permettent la circulation de l’énergie, gage de bonne santé. Le singulier de metu est met.

Les incendies qui ravagèrent à deux reprises la grande bibliothèque d’Alexandrie d’Egypte sont considérés par les érudits comme une catastrophe mondiale : plus de 80 % des archives des civilisations les plus cultivées du Moyen Orient sont perdues à jamais.

Hiéroglyphes à l’entrée d’un tombeau de Louxor (source I.Z. CHIRALI)

En Grèce antique

Hippocrate (460-377 av. JC), considéré comme le Père de la médecine, était notamment un ardent défenseur des ventouses, essentiellement avec saignement. D’après ses travaux, il apparaîtrait que de très grosses ventouses auraient été utilisées par les plus anciens médecins grecs pour la réduction des luxations vertébrales, en se fondant sur l’hypothèse selon laquelle ‘’les os qui étaient enfoncés à l’intérieur pouvaient être ramenés en bonne place par l’aspiration des ventouses’’. Non seulement les ventouses, mais des principes de base ressemblant singulièrement aux fondements de la Médecine Chinoise étaient acceptés, 9 voire reconnus par Hippocrate, tels les méridiens qu’il appelle phlebs.

Cette pratique existait également dans les anciennes civilisations d’autres pays, et même dans les tribus de certains sauvages incultes. On en retrouve les traces parmi les populations natives d’Amérique, les Hottentots, les Hindous, les habitants des iles du Sud Est et de Nouvelle Hollande, les Japonais et les Chinois, sans que l’origine exacte n’ait été clairement démontrée.

En Inde ancienne

Au 15ème siècle av. J.C., Chakara Samitha a décrit un système de voies ‘’nadis’’ sur le corps, qui transporte le ‘’rasa’’ (liquide vital), qui relie l’ensemble du corps à partir du nombril. La traduction chinoise de ‘’nadis’’ est directement et sans détour ‘’méridiens’’.

en islam 

Le prophète Mohammed (Salut et Bénédiction soit sur lui) nous à recommandé Al-hijama comme méthode pour nous soigner, " S'il y a un bien dans une chose par laquelle vous vous traitez, c'est bien par la hijama" rapporté par Abou Hourayrah. Cette médecine est une recommandation divine.

L’âge d’or de la civilisation islamique, notamment dans la médecine à permis l’éclosion de nombreux ouvrages médicaux, qui ont permis l’étude de la hijama et de ses vertus thérapeutiques.

Au 10 ème siècle, elle est mise en avant par Ibn Sinâ (Avicene) à travers son ouvrage Al Qanun Fi At Tib « le canon de la médecine ».

Au 11ème siècle, on peut citer Az-Zahrawi (Albucasis), chirurgien de renom et auteur de la fameuse encyclopédie médico-chirurgicale At tasrif Liman ‘ajaza ‘an At ta’lif  « La méthode en médecin ».

Au 13ème siècle, un autre chirurgien arabe, Ibn Al Quff contribua à la promotion de la hijama avec son traité sur la chirurgie Al ‘umdah Fi Al Jirahah.

En Europe

Au Vème siècle, les invasions barbares mettent un terme à tous les arts utiles et intellectuels, y compris la médecine. Ce n’est qu’au IXème siècle qu’on retrouve les traces de l’usage des ventouses chez les Arabes en Espagne, où cette tradition va à nouveau s’épanouir pendant 300 Les Espagnols ayant établi une correspondance médicale avec l’Italie, ce pays devient le principal centre de la science médicale. ‘’En 1683, Bellini, un médecin italien renommé, a privilégié la pose sèche de ventouses’’.

En Amérique du Sud

La médecine Maya, par ailleurs, ressemble beaucoup à la médecine chinoise. Ce qui diffère de la théorie Yin-Yang est chez les Mayas, le dualisme Froid-Chaud. Sur leurs ‘’canaux à vent’’, 50 points thérapeutiques sont éparpillés, qui ont un emplacement et des indications thérapeutiques identiques à celles de la médecine chinoise. Les méthodes thérapeutiques utilisées étaient l’acupuncture, la saignée, le massage, la moxibustion, la pose de ventouse, etc.

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